Que veux-tu Madame de K, c'est comme ça la vie, et moi avec, d'une inconstance complète. Ainsi ce blog peut rester à l'abandon et ensuite refleurir... (ou est-ce alors de la mauvaise foi pour cacher l'anecdote sur monsieur Polochon? Va savoir.)

Une pub reçue aujourd'hui me rappelle une note que je voulais écrire. Passons sur le fait que toutes les pubs sont toujours adressées à monsieur et pas à Madame... M'en fous j'ouvre quand même :p

Donc, aujourd'hui c'est Intermarché, avec son "Tous unis contre la vie chère".
Pendant le déménagement, quand on faisait le trajet Mémé Pepina-ancien chez nous, on voyait tout le temps une pub de Leroy MErlin qui "s'engage pour [ma] maison"
Il y a aussi Leclerc qui "défend votre pouvoir d'achat". Je vous conseille d'aller faire un tour sur le site, cliquez ensuite sur l'onglet "mission". ça parle de combat, d'engagement, de lutte, ça me donne envie de chanter l'internationale!
Carrefour aussi est un grand activiste, avec son verbe "agir" un peu partout et "la qualité pour tous".
Et je suis sûre qu'il y en a encore plein. Tiens encore un dernier, à l'instant je cherche le site d'Auchan, eux c'est "Vivons mieux. Vivons moins cher."
Je me sens mieux de savoir que la grande distribution est pavée de bonnes intentions!

(C'est là que je deviens chiante, si tu veux arrêter de lire c'est maintenant)
Tu n'es peut-être pas sans savoir que j'ai un petit diplôme en langue littérature et civilisation, mention Espagnol. J'ai ainsi étudié la littérature latinoaméricaine. Et plus précisément, celle, foisonante, de la période des dictatures du XXe.
Et donc pendant ces cours on aborde un peu de théorie. Je te rassure tout de suite, pas trop non plus, on n'est ni étudiants de lettres, ni d'histoire, juste destinés à passer un capes d'espagnol, pour ensuite répéter à longueur de journée "me llamo pepito, y tú ¿cómo te llamas?",mais je m'égare... Enfin...
Pour comprendre la littérature de cette époque, le travail particulier de la langue, parce que certains font des trucs bizares, on se penche sur la façon de faire des régimes autoritaires. Vous l'avez peut-être entendu déjà, mais les périodes de répression sont parfois source de beaucoup d'innovation chez les contestataires, encore faut-il savoir où est l'ennemi, et vouloir le chercher. Puisqu'aujourd'hui tu l'auras remarqué, le manque de liberté ne semble réveiller personne.
Mais pourquoi ceux qui luttent contre la dictature ont besoin de trouver de nouvelles façons de dire. Et bien parce que la dictature leur a piqué leurs mots. Et oui, c'est pas un scoop, la dictature pour anéantir la rebellion, la lutte, elle s'approprie ses mots, ses idées et comme ça les annule et les met hors d'état de nuire. Si la dictature, parle de liberté, de justice, et se présente comme porte-parole du peuple, bah les autres, qui luttent pour la liberté et ils se retrouvent sans armes. Ainsi il leur faut se réapproprier ces mots, voire, s'approprier les mots de la dictature pour également la combattre. (Petit parenthèse qui n'en est pas une vraiment, mais c'est pour ça que certaines personnes souffrent de voir notre cher président si bon, si grand, si juste, si beau, parler de Jaurès ou de Guy Mocquet.)

Aujourd'hui c'est la grande distribution qui s'approprie le langage de la révolte. Étonnant non? Et le plus étonnant c'est qu'à côté de ça la politique parle de marketing, de campagne publicitaire électorale qui cherche à séduire le potentiel acheteur votant. Et ainsi l'air de rien, il ne se passe pas un jour sans qu'on entende parler de consommation, de pouvoir d'achat.
Si l'on suit ce raisonnement, on peut peut-être comprendre pourquoi devenir un consom'acteur est bien risqué, alors qu'il suffirait d'être à chaque instant un citoyen, un Homme j'aurais envie de dire...

Pour ne pas faire trop long, ça l'est déjà assez, je vous renvoie à la lecture de la définition de consommation dans le Trésor de la langue française.