journal d'une jeune fille (dé)rangée

comme je n'ai rien à dire j'ai décidé de l'écrire... réflexions pépiniennes de haute volée...

17 mars 2009

L'expression du jour, pour faire plaiz à mam'2k

Comme tu sembles bien aimer les histoires de mots intraduisibles, je t'en ai trouvé un, en discutant avec une copine du collège qui est enceinte.
Petit précision :
Ce "tu" n'est pas celui du narrateur qui s'adresse à son cher lecteur, en le tutoyant afin de créer une rapide complicité, mais celui de Pepina qui s'adresse à sa seule lectrice, Mam'2k, toi aussi Bobo, tu peux le prendre pour toi, bon toi aussi, et toi... mais c'est tout. ;)
Fin de la précision.

Donc dans la série de ces jolies expressions intraduisibles. Enfin, traduisibles mais qui perdent quelque chose...
"Dar a luz".
Si tu étais un étudiant de première année, ayant oublié les efforts désespérés de tes profs de collège et lycée pour te faire acquérir un minimum de vocabulaire, tu traduirais mot à mot. Et ça donnerait probablement, un truc du genre, donner de la lumière, et qui aboutirait à un non sens. Mais heureusement, souvent cette expression retient l'attention des collégiens et des lycéens. Donc tu aurais traduis, à raison par : accoucher.

"Dar a luz". C'est quand même autrement plus joli qu'accoucher. Il y a un autre mot en espagnol,  "parir", mais qui est moins poétique, et peut s'appliquer à tout mammifère. En général, même si on dit bien "el parto" pour l'accouchement, "parir" le verbe lui, tend à s'utiliser bien souvent de façon plus prosaïque, comme par exemple, quand nos amis espagnols, font suivre un verbe d'action pas gentil gentil de " en la madre que lo pariò".
"Dar a luz", c'est donc, comme aurait pu le traduire notre élève distrait de première année (mais encore aurait-il fallu qui comprenne le sens de l'expression) faire venir à la lumière. Bah oui, parce que c'est bien gentil d'être a chaud dans le ventre de sa maman, mais faut avouer qu'il y fait un peu noir...
Il existe cependant une expression moins poétique, mais que certaines mamans, impatientes et en fin de terme trouveront très à propos et qui est de dire à propos de la femme ayant accouché que " se aliviò". La Real Academia Española me signale que cette expression est mexicaine. "Aliviarse" veut dire " se soulager", en général, on dit cela de celui qui guéri d'un mauvais rhume. J'en vois déjà certaine dire que la grossesse n'est pas une maladie, que c'est magique, beau, gnagnagna, et je suis tout à fait d'accord! Mais avouons, qu'on est soulagé au sens premier, délesté d'un poids, quand on accouche... :D

En passant, "dar a luz", s'utilise aussi bien au sens propre qu'au sens figuré. (C'est drôle de dire ça d'une expression de toutes façons figurée :D.)
On peut  Dar a luz en su casa ( accoucher à la maison), comme Dar a luz una idea extraordinaria (Accoucher d'une idée formidable).

Y se hizo la luz...


Attention : Ami lusophone qui passes par là, Wikipedia dit que cette expression est également portugaise. Est-ce vrai?

Edition de 23H: Youplala me fait remarquer avec beaucoup de pertinence l'expression donner le jour en français. Comme quoi parfois quand on est concentré sur une langue... MAis je me posais une question, donner le jour n'est pas une expression très courante ou oui? d'ailleurs on n'utilise pas plutôt pour celui qui nait "voir le jour", et alors ça ressemble encore plus à l'espagnol. Puisque l'enfant en voyant le jour voit la lumière. ;)

Posté par pepina à 10:35 - mes goûts et mes couleurs - Commentaires [13] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


12 mars 2009

Un nouveau petit lien.

J'espère que ceci marchera.
J'ai encore du boulot.
Mais au vu des 145 commentaires que j'ai sur un de mes messages lors de ma démission, j'ai fait ceci  :
Démissionner de l'Education Nationale.

En espérant que ça aide certains.

Posté par pepina à 23:09 - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

10 mars 2009

le mot du jour: intranquilité

J'ai sauté le pas. De retour dans ma librairie colombienne, j'ai décidé de lire du Pessoa. Depuis le temps que je fréquente des auteurs qui me parlent de lui, il fallait que je me lance; surtout l'un d'eux: Mario Benedetti, que j'avais travaillé pour mon mémoire jamais fini.
Je repars donc avec mon Livre de l'intranquilité. L'intranquilité. Et oui c'est un néoligisme ça madame de Keravel, mais comme il a été créé pour Pessoa, alors l'élitiste que je suis l'accepte. :D En portuguais c'est de " desassossego" c'est joli hein? Et en espagnol c'est presque pareil " desasosiego". Qui dit "desasosiego" dit "sosiego". Le sosiego. voilà un mot qu'il est joli :D , ça veut dire la quiétude, la tranquilité, la sérénité. C'est pratique d'avoir un mot si zen non? Et ce mot vient du verbe "sosegar" qui vient du latin, en gros, je saute quelques étapes, les fous de diachronie ne m'en voudront pas :sedēre, être assis.
Et pourtant, Pessoa, écrivain, qui a du passer beaucoup de temps assis, manquait beaucoup de "sosiego" c'est fou! Il est plein de contradictions notre écrivain voyageur qui n'a pas voyagé.
J'ai lu à peine quelques pages, dans le métro et je me suis demandée comment j'avais passé autant de temps sans lire du Pessoa.
C'est fou ça!
Et je me suis dit que j'allais vous parler de ce joli mot, le "desasosiego", en espagnol il  un i tout pointu alors qu'en portugais tout ces s donnent un peu le tournis.
Ce mot si beau n'existe pas vraiment en français, d'où l'intranquilité.
Et bin moi c'est ça que je kiffe grave dans les langues ( ça c'est juste pour embêter madame de K dont le mot le plus argotique de son vocabulaire est: "zarbi").
Et je crois vous l'avoir déjà dit, mais tant pis je me répète, je disais souvent ça à mes élèves, mais c'est ça qui est génial avec les langues étrangères; parler d'autres langues c'est avoir des nouveaux mots pour de nouveaux goûts, de nouvelles sensations, des états d'âmes qu'on ne nomme parfois pas dans notre langue de départ - j'aime ce terme, si l'on considère qu'apprendre des langues c'est entreprendre un long voyage-,en somme il s'agit éprouver des nouvelles choses. C'est pour cela que je pense sincèrement qu'il ne faut jamais rejeter l'étranger, qu'il soit humain ou linguistique parce qu'il nous permet d'actualiser une part d'humanité qu'on ignore bien souvent.

Mais Pessoa, j'en ai encore rien dit. Je n'en dirai sûrement pas davantage. Je n'ai lu que quelques pages, mais si belles.

Alors je vais le laisser parler lui. Mais je pense que j'y reviendrai.

Quelle gloire nocturne que d'être grand, sans être rien! Quelle sombre majesté que celle d'une splendeur inconnue... Et j'éprouve soudain ce qu'a de sublime le moine dans son désert, l'ermite dans sa solitude, conscient de la substance du Christ dans les pierres et dans les grottes de son éloignement du monde.

Ou encore

J'ai demandé si peu à la vie - et ce peu, la vie me l'a refusé. Un rayon d'un reste de soleil, la campagne, un peu de calme avec un peu de pain, une conscience d'exister qui ne me soit pas trop douloureuse, et puis ne rien demander aux autres, ne rien me voir demander non plus. Cela même m'a été refusé, de même qu'on peut refuser une aumône non par manque de coeur, mais pour éviter d'avoir à déboutonner son manteau.

Posté par pepina à 12:03 - mes goûts et mes couleurs - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
« Accueil  1